Le maire de Vendargues devient vulgaire
quand on Évoque sa condamnation

Dans une précédente page de ce site, je relatais les tentatives du maire de Vendargues pour me faire supprimer de mon site toute référence à sa condamnation pénale par la Cour d'appel de Montpellier, le 8 octobre 2002, pour corruption passive, trafic d'influence passif et recel d'abus de biens sociaux, dans une affaire concernant des « emplois fictifs » (le terme « emploi fictif » figure en page 15, second paragraphe, de l'arrêt de la Cour d'appel) peu après sa première élection comme maire de Vendargues dans des sociétés de la famille Pérez et des marchés passés avec des sociétés du groupe Pérez de manière irrégulière et ayant donné lieu à des surfacturations au détriment de la commune dans les années 1990-92 (c'est en mars 1989 qu'il avait été élu pour la première fois), et j'expliquais pourquoi il me paraissait important que les électeurs vendarguois soient informés de ce fait sans limite de temps pour éclairer leur choix dans de futures élections où le maire se présenterait.

Un nouvel épisode vient de me confirmer que le maire apprécie de moins en moins qu'on évoque son passé pénal.

Premier acte : 6 avril 2012, un mail politique du maire aux présidents d'associations

L'affaire commence en plein campagne pour l'élection du Président de la République : le 6 avril dernier, je découvre dans la boîte mail de mon épouse, décédée depuis mai 2011, un mail du maire de Vendargues qui lui était adressé en tant que présidente avant son décès d'une association vendarguoise, dans lequel il adressait en pièce jointe aux destinataires copie d'un courrier qu'il venait d'envoyer à Jean-Pierre Grand, député UMP de la circonscription connu pour son positionnement en faveur de Dominique de Villepin, pour lui demander, en tant que délégué UMP de circonscription pour la 3ème circonscription de l'Hérault, de prendre clairement position en faveur de Nicolas Sarkozy dans la campagne présidentielle en cours. Ce mail était adressé à une interminable liste de destinataires, même pas cachée, dans laquelle on trouvait pêle-mêle des adhérents et sympathisants UMP et des présidents d'associations, non seulement de Vendargues, mais de Castries et d'autres communes du canton, identifiés par une adresse mail incluant en libellé le nom de l'association, et peut-être d'autres personnes encore. Manifestement, il s'agissait là d'une liste de distribution confectionnée pour les besoins de sa campagne électorale lors des élections cantonales de 2011 où il avait sans succès tenté de ravir son siège au conseiller général sortant.

Deuxième acte : 12 avril 2012, ma « réponse » à ce mail

Étonné de ce curieux mélange des genres de la part d'un maire pourtant très à cheval dans sa commune sur la neutralité politique des dirigeants d'associations vendarguoises (« neutralité » signifiant pour lui : on a le droit de soutenir le maire en place, voire de figurer sur sa liste, mais pas question de faire de la « politique politicienne » en prenant parti pour des opposants ou des candidats d'autres partis que le sien), je décidai de profiter de la visibilité de la liste de distribution de ce mail pour rééquilibrer le débat démocratique en envoyant à tous les destinataires un mail de « réponse » au mail du maire (elle reproduisait son mail initial pour que les destinataires fassent le lien entre les deux mails) dont voici le texte :

« Chers concitoyens,

Puisque Pierre Dudieuzère, pourtant défenseur acharné dans sa commune de Vendargues de la neutralité politique des présidents d'associations, au moins lorsqu'ils ne sont pas de son bord, n'a pas hésité à utiliser des listes de diffusion municipales aux élus et associations, et même les moyens de sa commune (papier à en-tête de la mairie de Vendargues), pour étaler largement au grand jour les dissensions internes de son propre parti, l'UMP, et a poussé l'amabilité jusqu'à nous fournir sa copieuse liste de diffusion en ne la masquant pas dans ses mails, nous nous sentons autorisés à suivre son exemple et, pour rééquilibrer le débat auprès de personnes qui, quoi qu'il en pense, ne sont pas toutes ses "ami(e)s" et permettre à tous d'avoir accès, non pas seulement aux "petites phrases" et aux escarmouches qui, seules, intéressent les médias dans cette campagne présidentielle, mais aussi aux documents plus substantiels qui décrivent en détail les programmes des uns et des autres, à vous faire parvenir en pièce jointe à ce mail le programme complet de François Hollande, à travers les 60 propositions pour la France qu'il a présentées au début de sa campagne et que tous devraient avoir lues avant de voter, que ce soit pour voter pour lui ou contre lui, pour le faire en connaissance de cause et par un choix éclairé.

Cordialement,

Bernard SUZANNE
Conseiller municipal de Vendargues de 1995 à 2008
Webmestre du site vendargues.infos.free.fr
 »

Ce mail était suivi de deux post-scriptum, un destiné aux présidents d'associations vendarguoises attirant leur attention sur ce curieux mélange des genres de la part du maire, et un autre, destiné aux adhérents et sympathisants UMP, dont le texte était le suivant :

« PS (pour Post-Scriptum) aux adhérents et sympathisants UMP :
J'ai été fort surpris de découvrir dans le courrier de Pierre Dudieuzère que, malgré sa condamnation pour corruption passive, trafic d'influence passif et recel d'abus de biens sociaux par arrêt n° 1491 du 8 octobre 2002 de la Cour d'appel de Montpellier, dans une affaire liée à son mandat de maire de Vendargues, l'UMP, parti d'un président qui nous avait promis en 2007 une République irréprochable, après l'avoir réinvesti pour briguer sa propre succession aux élections municipales de 2008, lui confiait encore des responsabilités dans le parti, puisqu'il s'y présente comme délégué UMP de circonscription pour la troisième circonscription de l'Hérault. Encore une promesse non tenue de Nicolas Sarkozy!...
 »

Troisième acte : 4 juin 2012 à la mairie de Vendargues

Depuis ce mail, j'avais l'impression que le maire me battait froid et ne me disait plus bonjour lorsque je le voyais dans la rue ou dans une réunion publique, et cette impression me fut confirmée lors d'un échange à la mairie, le 4 juin.

Ce lundi matin-là, je passai à la mairie pour voir s'il me serait possible d'obtenir de Monsieur Bèzes, le directeur général des services, une copie au format pdf du projet de règlement du futur plan local d'urbanisme (PLU) de Vendargues en cours d'élaboration et mis à disposition du public sous format papier (document de 180 pages environ) à la mairie dans le cadre de la concertation prévue par la procédure d'élaboration du PLU, de manière à le mettre à disposition d'un plus large public sur mon site sans avoir à copier et scanner le document papier. Je demandai donc à Marie-Jo, à l'accueil, si M. Bèzes était là et, après l'avoir appelé au téléphone, elle m'invita à monter, me disant qu'il pouvait me recevoir.

Pour atteindre le bureau de M. Bèzes, je devais passer devant le bureau de la secrétaire du maire et j'y vis le maire, appuyé à la porte et me tournant le dos, en conversation avec des personnes présentes dans le bureau de sa secrétaire. Entendant quelqu'un derrière lui (mais en fait il avait dû entendre ma conversation avec Marie-Jo à l'accueil), il se retourna et me regarda sans rien dire. Je lui dis bonjour et lui tendis la main, mais, sans bouger, il me dit : « Je ne vous serre pas la main, vous êtes un fasciste » puis me demanda de redescendre, déclarant que j'étais dans un lieu privé et que, si je voulais voir M. Bèzes, il me fallait prendre rendez-vous. Je lui dis que Marie-Jo venait de l'appeler et que M. Bèzes était d'accord pour me recevoir. Il me répondit que ce n'était pas Marie-Jo qui commandait, mais lui et me redit de prendre rendez-vous. Avant de descendre, je lui demandai ce qu'il voulait dire en me traitant de fasciste et il me répondit : « Quand vous mettrez sur votre blog que le premier ministre a été condamné, je vous serrerai la main! » et, pendant que je descendais, il ajouta : « Je vous emmerde ! » (ce qu'il faut sans doute comprendre à l'envers comme signifiant : « Vous commencez à sérieusement m'emmerder »)

Épilogue

Je suppose que l'affaire à laquelle il faisait référence est celle dont se sont fait l'écho plusieurs journaux nationaux dans les jours qui ont précédé et suivi la nomination du premier ministre (voir par exemple, sur le site de L'Express, les articles du 09/05/2012 et du 14/05/2012, sur le site du Monde l'article du 10/05/2012, sur le site du Nouvel Observateur, l'article du 10/05/2012). Mais je n'ai pas à ma disposition, comme c'est le cas pour sa condamnation à lui, le jugement dans cette affaire et je ne dispose donc pas d'éléments suffisants, au-delà des bribes d'informations données dans les articles cités, pour en parler. Et de toutes façons, le poste de premier ministre n'est pas un mandat électif et je n'ai, pas plus que les Vendarguois à qui ce site est destiné, aucun pouvoir d'influer sur la nomination du premier ministre par le président de la République, et mentionner ces faits sur mon site constituerait une goutte d'eau insignifiante par rapport à leur mention par les organes de presse d'audience nationale cités plus haut et d'autres, qui l'avaient déjà fait. Par contre, mentionner, sur un site d'information destiné aux Vendarguois, la condamnation du maire de Vendargues pour des faits en lien avec son mandat de maire, information qui a peu de chances de refaire surface dans la presse, même régionale, entre parfaitement dans l'objet de ce site et, de plus, peut avoir une influence sur le résultat de futures élections municipales à Vendargues, ce qui est le but recherché en vue de moraliser la vie publique au moins au petit niveau où je puis avoir quelque influence (on trouvera exposées les raisons qui me poussent à continuer à faire état de cette condamnation du maire à la fin de la page intitulée « Le maire de Vendargues n'aime plus qu'on rappelle son passé judiciaire »). Et dans cette perspective, quoi qu'il en soit de l'affaire à laquelle faisait allusion le maire et dont j'ignore les détails, ce qui est certain, et que doivent savoir les Vendarguois, c'est que, dans le cas de l'affaire qui a valu au maire de Vendargues sa condamnation, il y a bel et bien eu enrichissement personnel et ce, aux frais des contribuables vendarguois d'alors, qui, à travers leurs impôts locaux, ont remboursé au groupe Pérez le prix de la corruption du maire, un salaire de 15.000 F par mois, fixé par le maire lui-même, entre février 1990 et janvier 1991, pour des emplois fictifs dans deux sociétés du groupe Pérez successivement, par le biais de surfacturations sur des marchés de voirie signés avec une société de ce groupe (voir la description détaillée de ces faits dans l'arrêt de la Cour d'appel).

Ceci étant, en reproduisant fidèlement les propos du maire à mon encontre, j'ai de fait satisfait à sa requête et mentionné sur ce site l'affaire à laquelle il faisait référence. À lui maintenant de tenir ses engagements et de « normaliser » ses relations avec moi en évitant le langage ordurier et en respectant au moins la plus élémentaire politesse, comme il le faisait jusqu'à ces derniers temps.

Après tout, comme disait La Fontaine, « patience et longueur de temps font plus que force ni que rage »...


Le site de Bernard SUZANNE, ancien conseiller municipal de VENDARGUES (Hérault)
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Dernière mise à jour le 9 juin 2012