Un projet qui avance :
oui, mais quel projet ?
(décembre 2012)

Dans une rubrique d'actualité mise en ligne en novembre 2012 sur le site officiel de la commune de Vendargues, et intitulée « Un projet qui avance », reprise à l'identique en page 7 du n° 63 de décembre 2012 de « Au fil des pages », on peut lire les lignes suivantes :

« Depuis longtemps intégré dans les différents documents d’urbanisme, le projet de déviation du chemin des Coustouliers qui permettra de relier le L I E N et la déviation de Castries à l’autoroute, vient de franchir une nouvelle étape. La validation du dédoublement de l’autoroute par les services de l’État a permis à ceux du conseil général de délimiter une emprise officielle du projet. Voici donc le fuseau réservé pour la création de la future déviation, repoussée derrière le bois de Saint-Antoine ainsi que le trafic routier et les nuisances qui vont avec. »

Ce texte est accompagné du schéma suivant :

Fuseau de raccordement du LIEN avec l'autoroute A9

dont l'agrandissement partiel ci-dessous montre la (petite) partie située sur la commune de Vendargues (dont on notera que la quasi-totalité empiète sur ce qui est défini au POS de la commune comme espace boisé classé (EBC) du bois de Saint-Antoine).

Fuseau de raccordement du LIEN avec l'autoroute A9

Le problème de cet article, c'est autant ce qu'il dit que ce qu'il ne dit pas!

Le raccordement du LIEN avec l'autoroute A9

Parler de « déviation du chemin des Coustouliers » est une manière pour le maire de prendre ses désirs pour des réalités ! Ce dont il s'agit en fait, et qui figure effectivement depuis longtemps dans les projets du Département, mais qui a pris du retard du fait des tergiversations sur le doublement de l'autoroute A9 auquel il est lié, c'est le dernier tronçon de l'extrêmité est du LIEN (RD 68), son raccordement à l'autoroute A9. En attendant ce bouclage, le LIEN s'arrête au rond-point situé sur la RD 610 entre Vendargues et Castries et c'est la section de la RD 65 appelée « chemin des Coustouliers » à Vendargues, entre le rond-point de Castries et l'échangeur avec la RN 113, puis la portion de la RN 113 allant de cet échangeur à l'autoroute, qui constitue provisoirement la fin du LIEN, d'un provisoire qui dure depuis plusieurs années et va durer encore quelques années, le temps que les travaux ici évoqués soient réalisés, ce qui ne pourra se faire au mieux qu'en synchronicité avec les travaux de doublement de l'autoroute, puisque le point de connexion du LIEN avec l'autoroute présenté sur ce schéma est le futur échangeur de l'A9, dont on peut trouver les plans dans la page de ce site qui fait le point à novembre 2012 sur le doublement de l'autoroute. Certes, on sait aujourd'hui se situera ce raccordement, ce qui n'était pas le cas jusqu'à il y a peu, ce qui permet de faire avancer le projet sur plans, mais la construction effective de cette route et surtout son ouverture au trafic ne pourront se faire sans ce nouvel échangeur, qui implique en particulier la construction d'un nouveau pont sur l'autoroute élargie pour le passage de la RN 113, parallèle au pont actuel, et de deux ronds-points, un de chaque côté de ce nouveau pont, dont celui, côté Vendargues, où viendra aboutir le prolongement du LIEN.

Ceci étant dit, le chemin des Coustouliers n'est pas que la fin provisoire du LIEN et d'ailleurs le trafic observé sur cette portion de la RD 65 n'est aujourd'hui que pour une part relativement faible lié au LIEN, voie qui actuellement ne supporte pas un trafic considérable, comme on peut s'en rendre compte en observant ce qui se passe au rond-point de Castries ou en allant se promener le long du LIEN. Et la réalisation du tronçon terminal du LIEN évoqué ici par le maire ne concerne pas tout le trafic actuel et à venir sur le chemin des Coustouliers, mais une partie seulement. C'est donc par abus de langage que le maire parle de « déviation du chemin des Coustouliers ».

Et le maire le sait tellement qu'il se garde bien de parler de déclassement du chemin des Coustouliers en voie communale, comme il l'avait un temps laissé entendre, car ce déclassement n'est pas à l'ordre du jour, si tant est qu'il l'ait jamais été ! Pour s'en convaincre, il suffit de consulter deux documents d'urbanisme que le maire connaît bien :

Secteur de Vendargues au PDULe PDU 2010-2020 de Montpellier agglomération, dont est extrait le plan ci-contre, fait bien apparaître, en rouge (voie de niveau 4 : « voie rapide avec échangeurs en dénivelés principalement utilisée pour le transit interne à l'aire urbaine », dans le classement sur 5 niveaux des voies automobiles par le PDU), le tronçon terminal du LIEN (entre la station « Coustouliers » du futur tram (en bleu), située au rond-point de Castries, et l'échangeur de Vendargues sur l'autoroute élargie), mais il fait aussi apparaître le chemin des Coustouliers comme une voie de niveau 3 (couleur orange), c'est-à-dire une « voie de liaisons intercommunales ou structurantes », alors même que les sections des RD 110 et 113 le long de la zone agglomérée de Vendargues sont, elles, déclassées au niveau 2 (« voies de liaison locales interquartiers », couleur jaune sur le plan).

Et le département, dans son avis sur le projet de PLU, confirme la nécessité d'y maintenir divers emplacements réservés à son profit, dont l'emplacement réservé n° 17, intitulé « élargissement du chemin des Coustouliers à 18m d'emprise entre la RD610 et la RD613 et création d'un carrefour sur la RD613 ».

Bref, le chemin des Coustouliers restera, avec la RD 112 (route de Mauguio) qui le prolonge de l'autre côté de la RN 113 jusqu'à Mauguio, un axe de circulation important entre Castries et les communes au-delà de Castries (qui sont celles qui se développent ces dernières années) d'un côté et les zones commerçantes (centre Leclerc, Leroy-Merlin, Orchestra, etc.) et d'activités (ZAC Saint-Antoine) de Saint-Aunès, Mauguio et au-delà de l'autre. Car la part du trafic en provenance ou à destination de Castries et au-delà qui pourrait être reprise par la dernière portion du LIEN est celle allant vers ou venant de Montpellier et aujourd'hui, la partie de ce trafic qui passe par le chemin des Coustouliers plutôt que par la RD 610 et la RD 613, est consituée de celles et ceux qui sont prêts à aller faire le tour jusqu'au rond-point de Baillargues pour revenir prendre l'autoroute vers Montpellier, ou à continuer sur la RD 112 jusqu'à Mauguio pour récupérer la RD 189 vers Lattes ; il n'est donc pas sûr que ce soit le plus gros de ce trafic. Le maire savait parfaitement ce qu'il faisait en construisant un mur anti-bruit le long du chemin des Coustouliers, malgré tout ce qu'il a pu dire aux riverains !...

Le barreau RD 65 - RD 68

Mais ce que dévoile aussi l'avis du département sur le projet de PLU de Vendargues est qu'il y a un autre projet routier du département plus avancé que le dernier tronçon du LIEN, dont le maire ne souffle mot dans le projet de PLU, alors même que le département a déjà défini l'emplacement réservé correspondant sur la commune et l'a fait connaître au maire, qui ne l'a pas intégré dans le projet de PLU, c'est le barreau routier qui figure au schéma de cohérence territorial (SCoT) de Montpellier agglomération et sur son plan de déplacements urbains (PDU) 2010-2020 (en orange sur l'extrait de plan ci-dessus, en limite gauche de la zone hachurée gris clair-gris foncé au nord-ouest de la zone agglomérée de Vendargues, correspondant au secteur « Porte est ») et qui relie la route de Jacou (RD 65) à partir du rond-point de sortie de la zone du Salaison au LIEN (RD 68) et marque la limite nord-ouest de la future zone d'activités économiques « Porte est » du SCoT, dont la ZAC Via Domitia nord LIEN à cheval sur Castries et Vendargues est la phase 1 (voir sur ce point la page d'actualités de ce site intitulée « Point sur le projet "Porte est" du SCOT à fin 2006 », où l'on trouvera le plan de principe final de cette zone).

Sur l'avis du département, on peut en effet lire :

« Pour mémoire, le Département étudie sur la commune les projets suivants :

et un peu plus loin :

« De plus, afin de donner une meilleure lisibilité à la situation future des infrastructures routières départementales, il conviendrait de compléter les plans de zonage par :

Comme on le voit, le projet de barreau RD 65 - RD 68 est plus avancé que le projet d'achèvement du LIEN puisqu'il en est déjà à un avant-projet communiqué à la mairie et permettant de fixer un emplacement réservé à faire figurer sur le plan de zonage, alors que l'achèvement du LIEN n'en est qu'à définir un fuseau d'étude assez large, qui ne devrait figurer au plan de zonage qu'à titre informatif.

Et ce barreau est au moins aussi important pour l'avenir de la commune que l'achèvement du LIEN, car c'est lui qui conditionne le déclassement de la RD 610 en voie communale. En effet, c'est la combinaison de ces deux projets qui, seule, permet de dévier en particulier tout le trafic, dont le trafic poids lourds, entre l'autoroute et la zone industrielle de Vendargues, hors des RD 610 et 613. En effet, en l'absence de ce barreau, les camions venant de l'autoroute pour aller vers la zone industrielle ont le choix entre continuer sur la RD 613 jusqu'à l'entrée sud de la zone à la jonction avec la RD 610, ou prendre le chemin des Coustouliers (à terme le dernier tronçon du LIEN dès la sortie de l'autoroute) et la RD 610, puis la route de Jacou pour entrer dans la zone par l'entrée nord, et même chose en sens inverse. Seule la combinaison des deux projets permettra d'éviter le trafic poids-lourd entre l'autoroute et la zone industrielle sur les trois routes bordant Vendargues.

Mais il faut croire que le maire est plus pressé d'annoncer, sous un intitulé quelque peu trompeur, un projet routier qui n'impacte que marginalement le territoire de la commune (comme on le voit sur le schéma présenté en début de page, le plus gros de cette route sera sur les communes de Castries et Baillargues), survendu comme résolvant les problèmes d'une partie des Vendarguois (les riverains du chemin des Coustouliers), que d'annoncer et de cartographier un projet pourtant plus avancé, qui a pour lui plusieurs inconvénients : d'une part d'empiéter sur une partie importante de la garrigue au nord-ouest de la partie agglomérée de Vendargues et en plus de la couper en deux, et d'autre part de marquer plus concrètement l'avancée du projet « Porte est » du SCoT, qu'il a approuvé lors de l'élaboration de celui-ci, mais qu'il s'évertue maintenant à différer le plus possible et au moins jusqu'à après les prochaines élections municipales, alors même qu'il résoudrait le même problème que l'autre pour une autre partie des Vendarguois (les riverains de la RD 610).

Plus ! Toujours dans le même avis, le département refuse à la commune la possibilité de créer sur les RD 610 (au niveau du Petit Paradis) et 65 (à l'extrémité nord de la zone effectivement construite) les nouveaux accès requis par la future zone d'urbanisation du Bourbouissou prévue au projet de PLU, tant que les deux projets mentionnés ci-dessus ne seront pas achevés. On peut en effet lire sur ce document :

« Le Secteur de Bourbouissou :
Cette zone d'urbanisation à court / moyen terme de 9,2 ha est située au Nord de la zone urbaine dans le triangle de raccordement des RD 610 et 65. La réalisation des 250 logements prévus induira a minima autour de 600 déplacements de véhicules par jour. La desserte de cette zone nécessite la création de deux nouveaux accès, prévus sur les RD 610 et 65.
Dans la situation actuelle, au regard des trafics de véhicules et de la sécurité, les voies départementales ne sont pas en capacité d'absorber des flux supplémentaires accompagnés de nouveaux carrefours particulièrement sur la RD 65 aux heures de pointe du matin et du soir.
Le Département n'est pas favorable à la création de ces nouveaux accès sur les RD 610 et 65 dans les conditions de circulation actuelle.
Les nouveaux accès pour l'aménagement du secteur du Bourbouissou sont à programmer lorsque les voies de délestage seront en service. Celles-ci auront pour conséquence un apaisement de la circulation sur les RD 610 et 65.
 »

Il est bien question d'un « apaisement de la circulation » sur la RD 65, en particulier lié à la réduction du trafic poids-lourds, pas d'une disparition de tout trafic. Et, comme on l'a vu, la demande du département de maintenir les emplacements réservés pour l'élargissement du chemin des Coustouliers montre qu'il estime que le trafic continuera à être important sur cette route (le maintien de cet emplacement réservé n'est sans doute pas étranger à la remarquable discrétion du maire sur la liste des emplacements réservés : au lieu de constituer un document à part, comme c'était le cas dans le POS, elle ne figure dans le projet de PLU que sur le plan de zonage au 1/3000ème de la zone urbanisée de Vendargues, que le maire s'est bien gardé de montrer lors des réunions de concertation et qu'il n'a pas mis en ligne sur le site de la mairie, se limitant dans les deux cas au plan au 1/5000ème de toute la commune sur lequel ne figure pas cette liste d'emplacements réservés, ce qui lui a d'ailleurs valu une remarque sur ce point du préfet dans son avis sur le projet de PLU).

Encore un peu plus d'un an à tenir et, les élections municipales de mars 2014 passées, tout cela ressortira, malgré les promesses que Pierre DUDIEUZÈRE aura pu faire entretemps. Et s'il est battu, on accusera ses successeurs de laisser faire l'agglo, alors que c'est lui et lui seul qui a négocié le SCoT avec elle et accepté l'urbanisation de Meyrargues et la zone « Porte est », sans jamais en référer au conseil municpal avant le vote final du SCoT déjà complètement ficelé...


Le site de Bernard SUZANNE, ancien conseiller municipal de VENDARGUES (Hérault)
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Dernière mise à jour le 5 décembre 2012